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Le merveilleux banquet de Noël

Aventure

Le merveilleux banquet de Noël

Il était une fois, au milieu des collines couvertes de neige, un petit village du Morvan.

Un peu à l’écart des maisons se trouvait un grand château.

C’est là que vivait Monsieur le Comte avec son fidèle chien, Flambard.

Autrefois, le château était rempli de rires, de musique et de grandes tablées.

Mais depuis quelque temps, Monsieur le Comte vivait presque toujours seul.

Et ce soir-là, c’était pourtant la veille de Noël.

Un château bien silencieux

Dehors, de gros flocons descendaient doucement du ciel.

Dans le grand salon, un feu crépitait dans la cheminée.

— Crac ! Crac ! Crac !

Monsieur le Comte était assis dans son fauteuil.

À ses pieds, Flambard tournait en rond.

— Ouaf ! Ouaf !

— Que veux-tu, mon vieux Flambard ?

Le chien courut jusqu’à la porte, revint vers son maître, puis repartit vers la porte.

Monsieur le Comte sourit.

— J’ai compris ! Tu veux aller te promener !

Il enfila ses grosses bottes, son manteau, son écharpe et son grand chapeau.

Puis tous les deux sortirent dans la neige.

Cric, crac, croc !

Leurs pas s’enfonçaient dans le tapis blanc.

Flambard sautait partout.

Il plongeait son museau dans la neige, relevait la tête et éternuait.

— Atchoum !

Monsieur le Comte éclata de rire.

— Quel drôle de chien !

Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas ri ainsi.

Flambard aperçoit Félix

Soudain, Flambard s’immobilisa.

Ses oreilles se dressèrent.

À quelques mètres de là, une petite tête noire dépassait d’un buisson.

C’était Félix, le chat du village.

Félix regarda Flambard.

Flambard regarda Félix.

Le chat fit un petit bond.

Flambard en fit un grand.

Et…

— Ouaf ! Ouaf ! Ouaf !

Le chien partit derrière lui.

— Flambard ! Reviens !

Monsieur le Comte se lança à leur poursuite.

Félix filait entre les arbres.

Flambard courait derrière Félix.

Et Monsieur le Comte courait derrière Flambard !

Quel drôle de défilé !

Mais bientôt, Monsieur le Comte s’arrêta.

Plus de Félix.

Plus de Flambard.

Et surtout…

Il ne reconnaissait plus le chemin.

La petite cabane

La neige tombait maintenant très fort.

Monsieur le Comte regarda autour de lui.

— Flambard ?

Pas de réponse.

— FLAMBARD !

Toujours rien.

Heureusement, entre les arbres, il aperçut une toute petite cabane.

Il poussa la porte.

À l’intérieur, il y avait une vieille chaise, une table et une cheminée.

Monsieur le Comte trouva quelques morceaux de bois et alluma un petit feu.

— Je vais attendre ici que la neige se calme.

Fatigué par sa promenade, il s’assit.

Ses yeux se fermèrent.

Et bientôt…

Il s’endormit.

Le merveilleux banquet

Lorsqu’il rouvrit les yeux, Monsieur le Comte n’en crut pas ses yeux.

La vieille cabane avait disparu.

À sa place se trouvait une magnifique salle illuminée de centaines de petites bougies.

Devant lui s’étendait une immense table.

Et sur cette table…

Quel festin !

Des pains tout chauds.

Des soupes parfumées.

Des poulets dorés.

Des pommes rouges.

Des tartes.

Des gâteaux.

Et même de délicieuses brioches de Noël !

— Oh là là ! murmura Monsieur le Comte. Je n’ai jamais vu autant de bonnes choses !

Il avait très faim.

Il voulut prendre une brioche.

Mais au moment où sa main allait la toucher…

Pouf !

La brioche disparut.

— Tiens donc !

Il essaya avec une pomme.

Pouf !

La pomme disparut à son tour.

Il tendit la main vers un gâteau.

Pouf !

Plus de gâteau !

— Mais enfin !

C’est alors qu’une douce voix se fit entendre :

— Pourquoi veux-tu manger tout seul ?

Monsieur le Comte se retourna.

Une dame et un petit garçon se tenaient près de lui.

— Parce que… j’ai faim, répondit-il.

La dame sourit.

— Regarde mieux cette table.

Monsieur le Comte regarda.

Tout à coup, il pensa aux habitants du village.

Il pensa aux enfants.

Aux familles réunies dans leurs petites maisons.

Et à son immense château presque vide.

— Il y en a beaucoup trop pour moi tout seul, murmura-t-il.

Le petit garçon sourit.

— Alors, que pourrais-tu faire ?

Monsieur le Comte réfléchit.

Puis son visage s’éclaira.

Partager !

À cet instant, toutes les bougies brillèrent encore plus fort.

Le matin de Noël

— Ouaf ! Ouaf !

Monsieur le Comte ouvrit brusquement les yeux.

La grande table avait disparu.

Les bougies aussi.

Il était de nouveau dans la petite cabane.

Et devant la porte…

Flambard remuait la queue !

— Flambard !

Monsieur le Comte serra son chien contre lui.

— Comme je suis heureux de te retrouver !

Le ciel était redevenu bleu.

Flambard connaissait le chemin et guida son maître jusqu’au village.

Lorsqu’ils arrivèrent au château, un délicieux repas de Noël les attendait.

Monsieur le Comte regarda la grande table.

Il pensa alors à son rêve.

Et cette fois, il n’hésita pas.

— Nous n’allons pas manger tout cela seuls !

Il ouvrit grand les portes du château.

— Venez ! Venez tous ! Aujourd’hui, nous fêtons Noël ensemble !

Les habitants arrivèrent peu à peu.

Les parents apportèrent des plats.

Les enfants accrochèrent des décorations.

On ajouta des chaises.

Puis encore des chaises.

Et encore quelques chaises !

Bientôt, le grand salon fut rempli de monde.

On mangea.

On chanta.

On raconta des histoires.

Les enfants jouèrent avec Flambard et Félix, qui, pour une fois, avaient décidé de ne pas se poursuivre.

Monsieur le Comte regardait autour de lui.

Son château n’avait jamais semblé aussi chaleureux.

Et son cœur non plus.

Depuis ce jour, chaque Noël, les portes du château s’ouvrirent pour accueillir les habitants du village.

Car Monsieur le Comte avait découvert quelque chose qu’il n’oublia jamais :

un bonheur partagé devient encore plus grand.


La morale

Les plus belles choses deviennent encore plus belles lorsqu’on les partage avec les autres.

Source : Création originale
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